Météo-France
La météo, c’est plus qu’un boulot
14/04/2026Ils travaillent à Météo-France. Souvent passionnés, toujours engagés à fond, ils témoignent de leur métier.
Nathalie Cerisier, chef-prévisionniste
« Mon métier, je le vis comme une mission, encore plus depuis que je suis cheffe-prévisionniste. Nous avons la responsabilité de la Vigilance météorologique. Ce n'est pas toujours évident. C'est un métier passionnant, mais parfois stressant.
Il n'y a pas de monotonie. Chaque vacation est différente. Les situations météorologiques peuvent parfois se ressembler, mais elles ne se gèrent jamais de la même façon. Les enjeux sont multiples.
Quand on prend une décision de Vigilance, les conséquences qui en découlent peuvent être lourdes. Les retours sont immédiats. Il ne faut pas oublier que le sens de notre mission est la mise en sécurité des personnes et des biens.
D'ailleurs, quand je sors de deux journées compliquées d'affilée, je suis souvent épuisée. La décompression est nécessaire. Pendant mon temps libre, je fais pas mal de sport, natation et course pour me régénérer.
Je crois avoir le sens de l'organisation, c'est important, car il faut savoir synthétiser rapidement beaucoup d'éléments pour pouvoir prendre la décision adéquate. Il faut aussi avoir du recul par rapport aux situations, face à l'entourage, face aux pressions. Il faut parfois savoir s'en détacher. Je ne considère néanmoins pas cela comme une responsabilité individuelle.
Le travail en équipe est essentiel, il faut le souligner. Le travail de prévisionniste est essentiellement collaboratif, à la fois avec les collègues du CNP (Centre national de prévision), mais aussi et surtout, avec les prévisionnistes régionaux. La prise de décision sur la Vigilance se fait en commun avec les chefs-prévisionnistes régionaux. Ces échanges sont primordiaux.
Enfin, ce que je trouve de très intéressant dans ce métier, ce sont les échanges avec les prévisionnistes étrangers. J'ai pu effectuer plusieurs missions de formation (prise en main des stations de travail – Synergie ou Synopsis – Vigilance, météorologie générale) en Indonésie, en Moldavie, au Maghreb. C'est très enrichissant de pouvoir rencontrer des personnes qui font le même métier que nous, dans des conditions parfois très différentes ».
Léo Mignan, chargé de mission Prévention des risques et gestion de crise
« Une des missions essentielles de Météo-France est d’exercer les attributions de l’État en matière de sécurité météorologique des personnes et des biens. Dans ce cadre, mon rôle est d’assurer l’interface entre Météo-France et les services de l’État sur cette problématique. Cela inclut notamment les gestionnaires de crise des ministères de l’Intérieur, de la Transition écologique et de la Santé.
Concrètement, une étroite collaboration avec ces services de l’État me permet de recueillir et d’analyser leurs besoins, et de m’assurer de leur bonne prise en compte en interne. À l’inverse, je les éclaire également sur toute l’expertise que peut fournir Météo-France au quotidien pour mener à bien leurs missions. Cela permet d’établir une relation de confiance avec ces partenaires institutionnels, particulièrement utile ensuite en situation de crise météorologique pour fluidifier les interactions, et finalement œuvrer pour l’intérêt général : la sécurité des personnes et des biens.
C’est un métier que j’apprécie particulièrement, étant passionné par les phénomènes météo depuis longtemps. Je suis moi-même amené à intervenir physiquement au ministère de l’Intérieur sur certaines crises météorologiques ou météo-sensibles majeures. À ce titre, je me sens particulièrement utile lorsque Météo-France est pleinement intégré au dispositif de gestion de crise et aide aux prises de décisions opérationnelles, par exemple sur le positionnement de moyens matériels et humains.
Cet accompagnement ne pourrait toutefois pas être possible sans une solide chaîne de prévision opérationnelle derrière moi, œuvrant jour et nuit pour élaborer l’expertise météorologique la plus robuste possible. C’est un travail d’équipe. Je peux en témoigner personnellement, puisqu’ayant occupé précédemment une fonction opérationnelle en tant que chef prévisionniste régional, au contact des préfectures de département et directement impliqué dans l’élaboration des cartes de Vigilance météorologique.
C’est une mission exigeante, mais gratifiante pour notre Établissement, nécessitant notamment d’être constamment à l’écoute, à la fois des partenaires institutionnels et de l’interne, pour comprendre et intégrer au mieux les missions, contraintes et limites de chaque entité, que ce soit sur le plan scientifique, technique ou humain. »
Lauriane Batté, climatologue
« Je suis responsable d’un département à la direction de la climatologie et des services climatiques en charge de l’analyse du climat présent et des tendances pour les mois à venir. Nous produisons un ensemble d’expertises, de bulletins et de diagnostics sur le suivi et l’évolution des conditions météorologiques et hydrologiques sur la France à l’échelle du mois, de la saison, de l’année.
Mon rôle est de coordonner les activités de l’équipe, et je suis amenée dans ce cadre à interagir avec de nombreuses directions de l’établissement et des publics diversifiés (partenaires institutionnels de différents ministères et agences de l’État, chercheurs, homologues de services météorologiques nationaux d’autres pays ou d’organisations internationales, journalistes et grand public avec l’appui de la direction de la communication…).
Je suis arrivée à Météo-France par fort intérêt pour les domaines du spatial et des sciences du climat, après plusieurs stages de recherche dans le domaine pendant mes études. Après une thèse puis plusieurs années en tant que chercheuse à Météo-France, j’ai eu l’envie et l’opportunité de prendre un virage vers des activités plus proches de l’opérationnel et du temps réel.
Mon métier me correspond bien, car il nécessite beaucoup de travail collaboratif, et me permet de rester au contact des activités de recherche tout en produisant des résultats concrets dans des délais parfois très courts. Même si je ne suis pas en première ligne des prévisions à fort enjeu lors d’épisodes mémorables, le travail de mon équipe permet de caractériser ces phénomènes météorologiques par rapport au climat passé, présent et futur.
L’utilité à la société est très concrète : par exemple, nous fournissons des analyses permettant l’indemnisation de victimes de catastrophes climatiques, et de mieux comprendre le climat actuel dans un contexte de changement climatique. J’apprécie de travailler au quotidien avec des collègues aux profils variés et aux parcours professionnels riches et complémentaires. J’attache beaucoup d’importance à l’ambiance de travail et essaie d’y être attentive même dans les moments où les sollicitations affluent.
Plusieurs qualités me paraissent essentielles dans mon métier : au-delà de la rigueur scientifique et de la réactivité, la capacité d’organisation et d’écoute pour répondre aux attentes de nos interlocuteurs dans les délais impartis est primordiale ! »
Marie Dumont, chercheuse au CNRM
« Ma mission est de faire progresser nos connaissances sur l'évolution du manteau neigeux à la fois en termes d'observation et de modélisation afin de mieux comprendre son évolution passée et son évolution à court, moyen et long terme.
Cela combine pas mal de choses, du travail sur le terrain en montagne, même s'il y en a malheureusement de moins en moins, du travail derrière un ordinateur à partir d'images satellites ou de modèles avec du développement de code. Et puis aussi un peu de travail en laboratoire. On va étudier la neige à très haute résolution en chambre froide.
J'espère que mon travail est utile. En tous cas, il a un sens particulier pour moi parce que j'ai toujours été passionnée par la neige et la montagne. C'est un milieu dans lequel je me sens bien, qui me fascine. Je suis contente d'étudier et de voir la neige tous les jours.
La neige et la montagne sont mes passions mais la physique aussi, comprendre ça me passionne, et faire des équations également. Je suis quelqu'un de passionné de toute façon. On peut aussi dire que je fais beaucoup de choses, je suis énergique, ça c'est sûr.
J'aime beaucoup de choses dans mon travail. J'aime surtout partager tout ça avec des gens. J'aime travailler en équipe, apprendre de personnes qui connaissent des choses bien mieux que moi. Mais aussi apprendre des choses à mes étudiants, tout ça dans une bonne ambiance souvent. Je crois que c'est ce que je préfère. Après, j'apprécie beaucoup moins la « réunionite aiguë ».